Comment pouvons-nous être sure d'avoir la même vision que la personne assise à côté de nous ? Comment être sure que nos yeux nous montre la même chose que les siens ?
Lorsque Sacks parle de l'homme qui prenait sa femme pour un chapeau, il nous dit bien que certaine personne ne voit plus les même choses, qu'à cause d'une agnosie les contours d'un objet, ou même l'objet entier n'a plus de signification. Comment alors pouvons-nous être sure de voir la même chose ? Si nous avons une vision flou, mais que depuis tout petit nous voyons de cette façon là sans savoir qu'elle est floue, sans avoir conscience d'avoir une vision différente des autres, toutes les choses que nous voyons seront les mêmes ? Pourtant, lorsqu'un enfant représente une maison, c'est toujours la même. Et pourquoi lorsqu'un enfant fait un dessin représentatif d'un chien ou d'une maison, il dessine ce qu'il connait ? Ne viverions-nous qu'à travers notre mémoire, notre représentation des choses que l'on connait ? Si on reviens sur le patient de Sacks, Professeur P., il ne reconnait plus les choses qu'il connaissait avant, comme sa femme, qu'il prend pour un chapeau, ou encore le patient des neurologues Macrae et Tolle qui ne reconnait plus ses proches après un accident de voiture, sauf ceux qui ont quelques choses de particulier comme un grain de beauté à un endroit précis du visage ou un tic qui fait qu'il ne ressemble pas à une autre personne. D'après ces patients, avec une agnosie visuelle, on ne reconnait quelqu'un que par rapport à un souvenir de lui qui fait qu'il n'est pas comme les autres. La preuve même, si on vivait une journée les yeux bandés, on reconnaitrait nos proches par leurs voix ou par leur façon de marcher, cela prouve que la vision n'est pas indispensable à l'homme. Le fait est que c'est un de nos sens en quelque sorte contingent puisque sans lui nous pouvons tout de même arriver à reconnaître quelqu'un. Cela laisse supposer que nous ne reconnaissons pas forcément quelqu'un par son apparence, mais par ses signes particuliers ? Pourtant, lorsque je me regarde dans le miroir j'ai conscience que c'est moi et pas mon voisin. Pourtant le patient de Macrae et Tolle ne se reconnait pas tout de suite dans le miroir, il lui faut d'abord repérer des signes particulier tel que sa couleur de cheveux, de ses yeux ou de deux grains de beautés qu'il a sur la joue gauche. Si nous n'avions pas de mémoire, ou pas de conscience nous ne pourrions donc pas nous reconnaître par rapport à une image de nous-même dans un miroir. La mémoire est donc une faculté indispensable à l'homme pour vivre, plus que la vision. Pourtant, si l'homme n'a jamais vu il ne saura pas à quoi il ressemble, et donc aucuns signes particuliers comme les cheveux de couleur bruns ou les yeux vert ne le fera remarquer que c'est lui puisqu'il ne s'est jamais vu, il ne peut donc se rappeler de son apparence physique. Pourtant, il a conscience de lui-même, il sait qu'il existe et qu'il a un corps. Avec son toucher il peut sentir son visage. Dans la société, ne pas voir est une difficulté particulière puisque nous ne pouvons nous repérer par rapport à un objet, par exemple un aveugle ne pourra pas savoir que devant lui se trouve une table et il se cognera. Pourtant, il arrive grâce à ses autres sens à savoir ce qu'il se passe, dans quel environnement il est, car on lui aura appris qu'un vombrissement peut-être le bruit d'une voiture. Le fait est que tout se rapporte à la mémoire que nous possédons. C'est comme si nous n'avions pas de mémoire et qu'on se cogne, la prochaine fois qu'on sera devant une vitre, on ne se souviendra pas de nous être cogné et on recommencera à chaque fois. L'homme peut donc se passer de certains de ses sens et vivre à travers sa mémoire.
Pourquoi je suis partie en trip ? Je ne sais pas non plus. Mais ce foutu Sacks m'a presque obligé à le faire, j'arrivais pas à lire le reste sans avoir réflechis à ce qu'il disait dans la première histoire.